Séminaire science et société : présentation

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La rencontre entre science et société s'effectue à bien des niveaux, fortuitement ou stimulée par les personnes ou les institutions. Les acteurs en sont en effet nombreux : chercheurs, enseignants, journalistes, artistes, responsables politiques, agriculteurs, industriels, financiers, associations écologistes, consommateurs, malades... D'autant plus variées sont les problématiques soulevées par les différentes modalités de cette rencontre, qui opèrent bien plus largement aux frontières entre science, technologie, agriculture, santé, éthique, industrie, économie, politique, médias et société civile :

  • alphabétisation scientifique scolaire, image de la science en société, formation des élites scientifiques et "désaffection pour les études scientifiques",
  • organisation et publication de la recherche, liens avec le pouvoir politique et l'industrie, open access, notion de "science citoyenne",
  • culture scientifique et technique, vulgarisation et médiation scientifiques,
  • rôle de l'éducation scientifique informelle dans l'inclusion sociale, l'empowerment et l'incitation entrepreneuriale,
  • gestion des risques industriels et technologiques, rapport bénéfice-risque et principe de précaution,
  • acceptabilité sociétale des innovations technologiques, rôle de l'expertise scientifique dans les décisions politiques, participation citoyenne dans les choix technologiques,
  • gestion des controverses sociotechniques et industrielles, rôle des médias et construction ou gestion de l'opinion...

De nombreuses actions sont mises en oeuvre, autant pour encourager ces interactions science-société au sens large que pour tenter de les pacifier lorsqu'elles deviennent trop tendues, chacune de ces actions soulevant à son tour des questionnements en termes de pertinence et de légitimité : "Quelle science" dans les programmes scolaires et à partir de quand ? "Faut-il" promouvoir les carrières scientifiques et jusqu'où ? Quels sont les véritables enjeux des actions de culture scientifique, entre information scientifique citoyenne, empowerment et fabrication de l'adhésion aux progrès technologique ? Comment toucher et impliquer les publics "éloignés de la science" ? Comment organiser la démocratie technique participative sans l'instrumentaliser et sans domestiquer l'opinion publique ? De nombreux auteurs s'intéressent depuis longtemps à ces questions dans le cadre académique des STS "science and technology studies", incluant en particulier la sociologie, l'histoire et la philosophie des sciences (Bensaude-Vincent, Bonneuil, Boy, Callon, Cheveigné (de), Jacobi, Jeanneret, Joly, Jurdant, Labasse, Latour, Le Marec, Levy-Leblond, Pestre, Roqueplo, Stengers... pour ne citer que des auteurs francophones - liste non exhaustive).

Lorsque l'on parle de "rapports science-société", c'est certes la question des controverses sociotechniques qui est le plus souvent mise en avant. Et pour cause, les manifestations en sont innombrables, organisées essentiellement autour de la santé, de l'environnement, de l'éthique et des grands modèles de société (agriculture, économie, énergie, soins, etc.) : biotechnologies et biologie de synthèse, nanotechnologies, cognition, transhumanisme, nucléaire, ondes électromagnétiques, pesticides, perturbateurs endocriniens, expérimentation animale, changements climatiques, gaz de schiste, fonds marins... Mais cette question des controverses ne doit pas masquer les autres dimensions de cette large thématique.

C'est pourquoi, dans la perspective d'y intéresser l'IHPST, il nous a semblé pertinent d'en effectuer un tour d'horizon descriptif, sans visée philosophique a priori mais dans une simple perspective de construction d'une culture commune sur le sujet. C'est ce que je m'efforcerai de faire lors de la première séance de notre séminaire.