Séminaire Philbio : 2018-2019

Séminaire Philbio - 01 - Denis Walsh

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Monday 15 October 2018 - 14:30 to 16:30
IHPST - Salle de conférence

Denis Walsh, University of Toronto - The Paradox of Population Thinking: First order causes and higher order effects

Abstract

Darwin's discovery of natural selection was achieved by a change in perspective Ernst Mayr called ‘population thinking’. In its Modern Synthesis version, population thinking seems to embody paradox: that the processes that go on within organisms both are and aren’t explanatorily relevant to evolution. I attempt to diffuse the paradox by introducing a distinction between two kinds of explanations of population phenomena: first-order cause, and higher-order effect explanations. These are, I argue, complementary, autonomous, and both necessary modes of evolutionary explanation. In first-order cause explanations the properties of organisms are relevant; in higher-order effect explanations they are not. I attempt to resolve the recent dispute over the proximate/ultimate distinction in terms of the first-order cause/higher-order effect distinction.

Séminaire Philbio - 02 - Baptiste Morizot

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Monday 5 November 2018 - 14:30 to 16:30
IHPST - Salle de conférence

Baptiste Morizot, Université Aix-Marseille, CEPERC -  Les épistémologies des sciences du vivant sont-elles naturalistes au sens descolien?

Résumé

Il s'agira de faire dialoguer les concepts forgés par l'anthropologue P. Descola dans Par delà nature et culture pour qualifier les schèmes ontologiques (naturalisme, animisme, analogisme, totémisme) avec les manières d’enquêter propres aux sciences du vivants contemporaines (spécifiquement l'éthologie, l'écologie des communautés, et la biologie des communications végétales et bactériennes). Le naturalisme est entendu ici comme schème ontologique, et pas comme procédure de "naturalisation", c'est donc un tout autre espace de débat conceptuel que celui qui anime l'épistémologie analytique autour des questions de naturalisation (bien qu'il existe des recoupements). La thèse productive défendue par P. Descola est qu'il existe une solidarité entre le naturalisme et la stabilisation des formes d'enquêtes qu'on appelle "sciences de la nature". On essaiera de montrer que ce point est plus que crédible lorsqu'il s'agit de penser le discours général que les sciences mainstream tiennent sur elles-mêmes, leur spécificité et leur mythe fondateur, mais qu'il en va tout autrement lorsqu'on observe ce que font les chercheurs dans certaines branches des sciences du vivant, qui enquêtent sur des phénomènes vivants qui semblent exiger d'eux qu'ils mobilisent quelque chose comme des heuristiques qu'on appellera animistes et analogistes. Tout l'enjeu reviendra à déterminer pour quels motifs les sciences dites naturalistes sont en fait chimérisées de manières d'enquêter plus volontiers associables à d'autres schèmes ontologiques, et la productivité de cette approche en termes d'essor d’intelligibilité. Enfin, on se demandera si ce phénomène n'indique pas la possibilité pour la tradition naturaliste de se dépasser, mais depuis les sciences du vivant, en en faisant sauter les coutures de l'intérieur.

 

Séminaire Philbio - 03 - Virginie Maris

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Monday 19 November 2018 - 14:30 to 16:30
IHPST - Salle de conférence

Virginie Maris, CNRS, Centre d'Ecologie Fonctionnelle et Evolutive - Les sciences de la nature après la mort de la nature - la place des humains dans l'écologie scientifique

Résumé

L’écologie scientifique a longtemps considéré les activités humaines comme une variable exogène à son système d’étude, qu’elles soient purement ignorées ou considérées comme un facteur de perturbation. L’évidence du caractère global de l’influence humaine sur le fonctionnement de la biosphère invite à réviser en profondeur ce parti-pris et à développer une écologie globale ou systémique, qui ne soit pas tributaire d’une idéalisation des systèmes écologiques comme indépendants des activités humaines. Je discuterai cet appel pour une « écologie anthropocénique » et j’en montrerai les limites. Je décrirai dans un premier temps « ce que fait » l’Anthropocène à la distinction traditionnelle entre sciences de l’homme et sciences de la nature. Je présenterai ensuite certaines formes exemplaires de cette nouvelle écologie. Enfin, je défendrai la pertinence et la nécessité de conserver une distinction théorique entre les processus naturels et les activités humaines en écologie, en particulier pour les dimensions de l’écologie directement mobilisées par les sciences de la conservation.

Séminaire Philbio - 04 - Francesca Merlin

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Monday 3 December 2018 - 14:30 to 16:30
IHPST - Salle de conférence

Francesca Merlin, CNRS, Paris 1-IHPST - L’épigénétique et le problème du développement : défis conceptuels et épistémologiques 

Résumé

Mon objectif est de discuter un certain nombre de questions philosophiques soulevées par les recherches récentes en épigénétique, en particulier dans le cadre de l’étude du développement. Ces questions concernent les trois points suivants : 1) les diverses façons dont l’épigénétique est conçue et définie, et les engagements métaphysiques, épistémologiques et méthodologiques de ces visions différentes  ; 2) l’impact potentiel de l’épigénétique sur le débat au sujet de la distinction « nature-nurture », notamment à la lumière du rôle de l’environnement et de plusieurs échelles temporelles (intra- et inter-générationnelles) dans les processus épigénétiques ; 3) la question de savoir si les résultats des recherches en épigénétique représentent un changement révolutionnaire par rapport aux explications génétiques du développement. 

 

Séminaire Philbio - 05 - Priscille Touraille - REPORTÉ

French
Monday 17 December 2018 - 14:30 to 16:30
IHPST - Salle de conférence

Priscille Touraille, CNRS, MNHN, Musée de l’Homme, "Mâle/femelle: catégories heuristiques en sciences de la vie ?"

Résumé à venir

Séminaire Philbio - 06 - Virginie Courtier-Orgogozo

French
Monday 4 February 2019 - 13:30 to 15:30
IHPST - Salle de conférence

Virginie Courtier-Orgogozo, Institut Jacques Monod, CNRS, Université Paris Diderot -  L'identité en biologie : une notion qui brasse les échelles

Résumé

La biologie, science ayant pour objet d'étude le monde vivant, applique le concept d'identité aux êtres vivants mais aussi à des entités vivantes d'échelle inférieure ou supérieure (par exemple une cellule, un organe, une colonie de fourmis, une espèce). Comment identifier un élément vivant particulier et le distinguer de tous les autres ? Qu'est-ce qui fait qu'une entité vivante reste la même au cours du temps, alors que ses constituants internes peuvent être entièrement renouvelés ? Et comment suivre cette entité au cours du temps ? Cette première série de questions correspond au premier sens du mot « identité » en biologie, que nous nommerons l'identité singulière. Le concept d'identité est également utilisé en sciences biologiques pour comparer des entités et leur attribuer des propriétés permettant de les grouper, ou de les classer. C'est ce que nous appellerons l'identité descriptive. Ainsi, les cellules qui possèdent une identité neurale - les neurones - se distinguent des cellules musculaires et peuvent se décliner en différents types cellulaires : les cellules pyramidales, les cellules de Purkinje, les neurones olfactifs, etc. La notion d'identité en biologie souligne donc à la fois le fait qu'une entité vivante est unique, et qu'elle partage des caractéristiques communes avec d'autres. Comment cette identité est-elle mise en place, maintenue, transmise et modifiée ? Nous n'aborderons pas les notions d'identité qui concernent exclusivement l'être humain.

Séminaire Philbio - 07 - Stéphane Schmitt

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Monday 11 February 2019 - 14:30 to 16:30
IHPST - Salle de conférence

Stéphane Schmitt, CNRS, Université Paris Diderot-SPHÈRE - De Paris à Moscou via Leipzig : circulation, traduction et réception des conceptions de Buffon sur l'espèce

Résumé

Buffon est connu, notamment, pour avoir mené une réflexion approfondie sur la notion d'espèce et sur ses "dégénérations", une réflexion qui a joué un rôle important dans l'émergence du transformisme à partir de la seconde moitié du 18e siècle. Cet exposé est une contribution à l'étude des modalités concrètes de cette influence et des conséquences de ces modalités sur les contenus scientifiques. En particulier, je m'intéresserai à la manière biaisée dont certains textes de Buffon sur l'espèce et la dégénération ont été traduits en allemand, puis en russe, et sur les possibles implications de ces altérations sur la réception des idées de Buffon en Europe.

Séminaire Philbio - 08 - Marc Ratcliff

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Monday 11 March 2019 - 14:30 to 16:30
IHPST - Salle de conférence

Marc Ratcliff, Université de Genève, Genèse et déploiement d’une découverte : la division des infusoires (mitose) par H.-B. de Saussure (1765)

Résumé

L’objectif de ce séminaire est de présenter le modèle du fait scientifique développé dans l’ouvrage Genèse d’une découverte : la division des infusoires (Paris, Presses du  Muséum, 2016).

De nombreuses interrogations sont à l’origine de ce travail : quels outils un chercheur doit-il créer pour construire ou identifier un nouveau fait scientifique ? Qu’y a-t-il de commun entre la construction du fait et sa réception ? Comment les contenus d’un cahier de laboratoire interagissent-ils avec les réseaux de correspondances et les publications ? Enfin, comment concilier les champs de l’analyse de la créativité et de la réception d’une découverte de laboratoire ? Pour aborder ces questions, j’ai reconstruit la découverte de la division des infusoires par le savant genevois Horace-Bénédict de Saussure (1740-1799) – premières images et interprétation de ce que, dans le contexte de la théorie cellulaire, on appellera mitose au milieu du 19e siècle.

L’hypothèse principale sur laquelle repose toute l’analyse est que le savant, ou groupe de savants, qui sort du laboratoire en sachant qu’a été faite une découverte a été fondamentalement transformé. C’est le cas de Saussure, comme le montre l’analyse de son cahier de cahier de laboratoire (1765). A cet effet, l’analyse microgénétique permet de montrer quels types de transformations se sont opérées, créant chez l’auteur un ordre d’évidenciation, relativement à la portion de réalité que la découverte a investie, aussi nécessaire que l’est par exemple aujourd’hui la lecture de l’heure pour chacun d’entre nous. Supposant non seulement une relation entre un système expérimental et un phénomène aboutissant à une interprétation stable, le fait scientifique identifié comporte une dimension supplémentaire de nécessité interne de ce phénomène et la manière par laquelle il se réalise, dont un auteur est le premier à construire les outils mentaux permettant de l’envisionner. Cette première partie de l’histoire nous mènera à explorer la dynamique de confinement, c’est-à-dire la capacité de tout auteur (ou auteur collectif) à rester, le temps de la construction, en deça des frontières du moment fondamental du rendu public où sa découverte, en général par le moyen de la publication, devient un objet pour l’ensemble de la communauté scientifique.Abordant ainsi le temps de la dynamique de relation, on verra le sort de la découverte se sceller collectivement non pas par la reproduction de l’expérience, mais par un mécanisme bien plus profond où les acteurs qui refont les expériences vont en réalité eux aussi se transformer par rapport à la portion de réalité en question. En effet, ces acteurs vont reconstruire en eux-mêmes les outils équivalents qui ont  été construits par l’auteur, permettant ainsi de porter sur le fait scientifique objet de la découverte, exactement les mêmes regard et interprétation, devenus nécessaires, que l’auteur. De même que l’auteur dans la dynamique de confinement, les acteurs dans la dynamique de relation en résultent non pas convaincus, mais bien évidenciés.

Nous aborderons ces questions en reconstruisant la découverte et sa réception par une communauté d’acteurs. En reliant l’enquête microhistorique à l’analyse épistémologique pour comprendre le double parcours du chercheur et de son objet, cette enquête propose une nouvelle lecture des relations entre construction, découverte et réception d’un fait scientifique.

Séminaire Philbio - 09 - Claude-Olivier Doron

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Monday 25 March 2019 - 13:30 to 15:30
IHPST - Salle de conférence

Claude-Olivier Doron, Université Paris-Diderot-SPHERE/Centre Canguilhem, L'histoire épistémologique de la "race" et  les conditions d'émergence du concept de "race" en histoire naturelle

Résumé

Dans cette conférence, nous chercherons dans un premier temps à présenter les principes méthodologiques d'une histoire épistémologique des concepts de "race" en la contrastant avec d'autres approches historiographiques ou philosophiques sur le sujet. Nous proposerons ensuite, au moyen de cette méthode, un rapide panorama des différents concepts de "race" tels qu'on peut les repérer et tels qu'ils fonctionnent dans des champs de savoir et au sein de pratiques hétérogènes entre le XVIe et le XVIIIe siècles, avant de nous intéresser de manière plus précise aux conditions épistémologiques de formation du concept de "race" en histoire naturelle, tel qu'il se définit au cours du XVIIIe siècle. Cette analyse permettra de mettre en avant quelques points de désaccords importants par rapport à certaines lectures historiographiques traditionnelles sur le sujet. D'une part, la mise en avant de la non-évidence de la place de la "race" en tant que catégorie classificatoire et, inversement, la valeur fondamentalement généalogique du concept, puisque nous montrerons que l'entrée de la notion de "race" en histoire naturelle est inséparable de l'entrée plus générale d'un style de raisonnement généalogique qui met au coeur de l'analyse des êtres naturels le problème des rapports de parenté, de la transmission des caractères et de l'origine, suscitant ce faisant un certain nombre de difficultés et de tensions qu'il faudra expliciter. Ensuite, le rôle fondamental des monogénistes - partisans de l'unité de l'espèce - dans l'usage stratégique de ce concept de "race" pour déjouer l'alternative traditionnelle espèce/variété, pour des raisons qu'il nous faudra là-encore préciser. Enfin, loin d'apparaître simplement comme un concept qui vise univoquement à figer et essentialiser les différences, en les situant hors de la nature et de son histoire, nous verrons que la notion de "race" est aussi intimement liée à une analyse dynamique et relativement plastique des variations héréditaires, qui les inscrit d'ailleurs dans des projets biopolitiques visant à agir dessus, à les transformer et les améliorer ou les faire disparaître. Le modèle fourni par l'élevage et l'agronomie, autant que par la médecine, est sur ce point fondamental. Nous tenterons d'en tirer enfin - si le temps le permet - un certain nombre de considérations plus actuelles, dans le cadre du "retour" de la "race" au croisement de la génomique et de la biomédecine.  

Séminaire Philbio - 10 - Guillaume Lachenal

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Monday 8 April 2019 - 14:30 to 16:30
IHPST - Salle de conférence

Guillaume Lachenal, Université Paris Diderot, Une archéologie de la biomédecine: traces matérielles et biologiques dans l’écriture de l’histoire médicale. Exemples en terrain africain

Résumé
 
A partir d’exemples de recherches menées en Afrique, je proposerai une réflexion sur ce que peut apporter un regard archéologique sur l’histoire de la biomédecine. J’envisage la perspective archéologique au sens propre du terme, au sens d’une confrontation aux traces matérielles et biologiques du passé telles qu’elles affleurent dans le présent. Comment ce regard permet-il d’écrire une autre histoire médicale, moins centrée sur les discours et les textes des médecins, et ouverte à d’autres voix, d’autres gestes et d’autres acteurs - en particulier dans les situations post-coloniales? Comment en particulier construire dans ce cadre un dialogue entre histoire et sciences de la vie?

Séminaire Philbio - 11 - Arnaud Pocheville

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Monday 6 May 2019 - 14:30 to 16:30
IHPST - Salle de conférence

Arnaud Pocheville, CNRS & Université Paul Sabatier, L'information en biologie: la perspective d'un agnostique

Résumé

L'information est une notion centrale en biologie. Son rôle au moins heuristique se décline aussi bien dans l'étude du fonctionnement cellulaire que dans celle du développement et de l'évolution. Pourtant, cette notion d'apparence théorique ne s'appuie sur aucune théorie solidement fondée en biologie. Les théories de l'information en mathématiques ne sont pas des théories de l'information en biologie. Face à ce constat, une division s'opère: certains soulignent l'irréconciabilité des théories de l'information mathématiques avec ce que nous savons du vivant tandis que d'autres appellent de leurs vœux (et de leurs travaux) la fondation d'une théorie solide de l'information biologique. Dans cette présentation, j'explorerai une voie alternative, celle d'un agnosticisme raisonnable: il est très plausible que des phénomènes véritablement informationnels existent en biologie, mais il est également plausible que, du fait même de leur nature informationnelle, ils ne soient ni mesurables, ni utilisables pour comprendre le vivant.

 

Séminaire Philbio - 12 - Sabina Leonelli

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Monday 27 May 2019 - 14:30 to 16:30
IHPST - Salle de conférence

Sabina Leonelli, University of Exeter - What's in a name? The Globalisation of Plant Descriptors and Its Relevance to Biological Research

Abstract to come

Séminaire Philbio - 13 - Elena Casetta

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Monday 3 June 2019 - 14:30 to 16:30
IHPST - Salle de conférence

Conférence d'Elena Casetta - Titre et résumé à venir