Atelier CCFR (Changement conceptuel et fixité de la référence)

A l’occasion d’un colloque en 2017, nous (Marina Imocrante, Françoise Longy et David Rabouin) avons découvert que nous partageons une interrogation commune relativement à des domaines différents (la biologie et les mathématiques): Peut-on concilier le pluralisme conceptuel ainsi que certaines formes d’évolution conceptuelle avec une relative stabilité de la référence ? Cela nous amène à lancer un groupe pluri-disciplinaire de lectures et discussions mensuel pour creuser cette question. Ce groupe devrait réunir avant tout des philosophes/historiens de la biologie, des philosophes/historiens des mathématiques, et des philosophes du langage, mais il est ouvert aux philosophes/historiens généraux des sciences ainsi qu’à ceux spécialistes d’autres sciences que la biologie ou les mathématiques qui sont intéressés par la problématique qui est la nôtre.

Les quelques paragraphes qui suivent donnent un aperçu de nos motivations théoriques qui nous ont amenés, en 2017, à lancer cet atelier sur théorie de la référence et changements conceptuels en biologie et mathématiques.

Pour les sciences de la nature, on a pu croire, à un moment, que les théories causales de la référence proposées par Kripke et Putnam permettaient de concilier changements conceptuels et stabilité de la référence. Mais il est apparu graduellement que ce n’était pas le cas. La situation n’est pas la même en physique, où les théories originelles de Kripke et Putnam peuvent, en gros, s’appliquer telles quelles, et dans des sciences comme la biologie. Certes, l’enrichissement du répertoire des espèces naturelles avec de nouveaux types (espèces HPC, historiques, fonctionelles, ...) a permis d’appliquer facilement (sans suppositions métaphysiques discutables) les théories causales de la référence aux entités et aux classes de la biologie et des autres sciences spéciales. Mais, cela n’a cependant pas rendu l’évolution conceptuelle de la biologie analysable dans les mêmes termes que celle de la physique ou de la chimie.

En biologie, on est confronté à un pluralisme conceptuel - par exemple, relativement aux taxa biologiques - qui semble exclure la possibilité d’une référence-cible unique, alors que les théories causales présuppose cette unicité. Cette difficulté a été soulevée plusieurs fois par des philosophes de la biologie (Dupré, Kitcher, Brigandt ...), mais les réponses (lacunaires) qu’ils y ont apportées sont problématiques, entre autres parce qu’elles laissent de côté les questions sémantiques.

Brigand en 2003 (« Species Pluralism Does Not Imply Species Eliminativism ») décrit assez clairement le type de théorie des concepts qu’il aimerait avoir pour rendre compte de l’évolution conceptuelle de la biologie:

"An adequate theory of concepts takes a middle road between an approach that assumes that a concept fundamentally changes whenever scientific theories change (Kuhnian semantic incommensurability), and a purely causal theory of reference that assumes that a concept gets introduced and that our set of beliefs about the referent rather than the concept changes (the account of Putnam 1975).

La question se pose de savoir si une telle théorie est possible.

Du côté des mathématiques, ces questions ne se sont pas encore posées de manière très large en raison de deux préjugés profondément enracinés : d’une part, le fait que les mathématiques ne seraient pas soumises à des questions d’incommensurabilité ; d’autre part, le fait que le mécanisme de référence est, en tout état de cause, bien différent de ce qui peut se produire dans des domaines où nous pouvons envisager une interaction causale avec les entités considérées (ou du moins certaines d’entre elles). Pourtant les développements récents d’histoire des mathématiques montrent qu’on ne peut pas évacuer d’un revers de main la question de l’existence de « révolution » en mathématiques (cf. Gillies 1992 (éd). Revolutions in Mathematics) et, surtout, que les phénomènes de changement conceptuel y sont abondants. Aussi paraît-il intéressant de croiser les réflexions qui émergent dans ce cadre et celles qui ont pu se développer du côté des sciences de la nature.

Les premières questions qui se posent alors sont les suivantes: A-t-on effectivement besoin d’une théorie qui échappe à l’incommensurabilisme kuhnien et au monisme Putnamo-Kripkéen pour rendre compte adéquatement de l’histoire de la biologieet/ou des mathématiques ? Une telle théorie est-elle possible ? Si oui, quelle forme pourrait-elle ou devrait-elle prendre?

Pour plus d'informations et pour s'inscrire à la mailing-list du groupe de travail : marina.imocrante@gmail.com

Responsable (s): 
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RABOUIN David
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Atelier CCFR 2019 - 01 : Sébastien Gandon

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Friday 25 January 2019 - 12:30 to 14:30
IHPST - Salle de conférence
RABOUIN David

L'atelier CCFR (Changement conceptuel et fixité de la référence - groupe de travail et discussion) reprend en 2019 avec un exposé de Sébastien Gandon (Université Clermont Auvergne).

Pour info et pour s'inscrire à la mailing-list du groupe : marina.imocrante@gmail.com

 

Atelier CCFR 2019 - 02 : Julien Gusthiot

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Thursday 7 February 2019 - 11:00 to 13:00
IHPST - Salle de réunion
RABOUIN David

Lors de cette séance de l'atelier CCFR, on discutera du fictionnalisme de Stephen Yablo et de son traitement du problème de la référence des termes mathématiques. La séance sera animée par Julien Gusthiot (doctorant, Université Paris 1).

Pour info et inscription à la mailing-list du groupe de travail : marina.imocrante@gmail.com

Atelier CCFR 2019 - 03 : Luca Zanetti

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Thursday 13 June 2019 - 12:15 to 14:00
IHPST - Salle de réunion

Luca Zanetti (IUSS, Pavie)

"Open Texture and Logic"

Readings: Blackburn (2005), The Oxford Dictionary of Philosophy, entry 'open texture' ; Waissman (1945) "Verifiability", section I; Shapiro (2006) "Computability, Proof, and Open-texture", part IV.