Article - Olivier Rey, Mètres du monde

Article de Robert Maggiori paru le 19 novembre 2014 — Qui pourrait sérieusement soutenir que la taille importe peu ? Small is not beautiful. Mais big non plus. C’est la taille moyenne, ni trop petite ni trop grosse, qui serait la bonne. Avec ses 33 barres de 11 étages et ses 2 870 appartements, la cité est invivable. Avec ses quelques maisons et sa place déserte, le village est un cimetière. Vive la ville moyenne. La témérité, c’est trop. La lâcheté, pas assez. Le courage est la juste mesure. Quel est le souverain bien, le plaisir ou la sagesse ? Aucun des deux, répond Platon dans le Philèbe : le premier bien est la mesure (metron), ce qui est mesuré (to metrion) et opportun (to kairion), puis viennent le proportionné (to summetrion), le beau, l’accompli, le suffisant, l’adéquat, et, seulement après, l’intelligence (noûs) et la sage prudence (phronesis). Qu’on s’essaie à parler d’architecture ou de politique, de morale ou d’urbanisme, d’économie ou de pédagogie, de technique, de médecine ou d’écologie, en prenant pour paramètre, c’est le cas de le dire, les notions de petitesse et de grandeur : les résultats sont étonnants ! C’est ce que fait Olivier Rey, mathématicien et philosophe, dans Une question de taille.

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