Philosophie de la physique, connaissance scientifique, unité des sciences

Chercheur invité : Naomi Beck

Nous avons le plaisir d'accueillir parmi nous Naomi Beck en tant que chercheur invité du 1er janvier au 30 juin 2014.

Docteur de l’Université de Paris 1, Naomi Beck a enseigné à l’Université de Chicago puis a poursuivi ses recherches au sein de plusieurs instituts internationaux : Institut Universitaire Européen (Italie), Institut Max Planck pour l’économie (Jena) et Institut Max Planck pour l’histoire des sciences (Berlin). À présent, elle est chercheur invité à l’institut d’histoire et de philosophie des sciences et des techniques de l’Université de Paris 1, où elle achève une monographie (en anglais) portant sur la théorie évolutionniste du prix Nobel en économie, Friedrich A. von Hayek. 

Soutenance de thèse : Julie Jebeile

Julie Jebeile soutient sa thèse en philosophie des sciences. Cette thèse, co-dirigée par Anouk Barberousse (Lille 1) et Jacques Dubucs (CNRS, Paris-Sorbonne), s’intitule « Explication et compréhension dans les sciences empiriques. Les modèles scientifiques et le tournant computationnel ». La soutenance se tient le mercredi 11 décembre à 9h30 dans la salle Jean-Baptiste Duroselle en Sorbonne (1, rue Victor Cousin 75005 Paris ; galerie Jean-Baptiste Dumas) et elle sera suivie d’un pot.

Pour information, le jury est composé de la manière suivante :

  • Anouk Barberousse, professeure à l’Université Lille 1
  • Jacques Dubucs, directeur de recherche au CNRS, SND (Paris-Sorbonne)
  • Maximilian Kistler, professeur à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
  • Margaret Morrison (rapporteur), professeure à l’Université de Toronto
  • François-David Sebbah, professeur à l’Université de Technologie de Compiègne
  • Mauricio Suárez (rapporteur), professeur à l’Université Complutense de Madrid



Comprendre les phénomènes consiste souvent à interroger les modèles mathématiques des systèmes considérés. En particulier, il s’agit d’obtenir par leur intermédiaire des réponses fiables aux questions de type « pourquoi ? ». Nous y réussissons dès lors que les modèles sont acceptables et intelligibles ; c’est l’idée directrice de la thèse. Ce double réquisit est ainsi étudié ; d’abord dans l’analyse des modèles analytiques, puis dans celle des modèles de simulation. Cela a permis dans un premier temps de mettre en lumière le rôle positif des idéalisations dans la compréhension par les modèles analytiques. Puis, dans un second temps, il a été possible d’identifier les conséquences du tournant computationnel. Il demeure en effet un fossé entre le modèle computationnel et ses résultats, à cause, notamment, de l’opacité épistémique des simulations numériques. Or ce fossé semble doublement entraver notre compréhension des phénomènes simulés. En effet, d’une part, certaines difficultés d’ordre épistémologique, qui sont propres à la justification et à l’utilisation des modèles de simulation, contreviennent à leur acceptabilité. D’autre part, puisque la simulation ne peut pas faire l’objet d’une inspection directe, il est difficile pour l’utilisateur de faire la relation entre les résultats de cette simulation et le contenu du modèle ; celui-ci devenant par là-même inintelligible. Néanmoins, les représentations visuelles semblent jouer un rôle fondamental en permettant de surmonter le problème de l’opacité des simulations, et ainsi d’assurer une fonction explicative.

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