Nominalisations : perspectives philosophiques et linguistiques

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Les nominalisations figurent de façon proéminente à la fois en linguistique (syntaxe et sémantique) et en philosophie. Elles intéressent les syntacticiens en raison des différences et similitudes entre la forme de base dont dérivent les nominalisations et les nominalisations elles-mêmes relativement à leur structure d’argument et leur morphologie. Les sémanticiens qui étudient les nominalisations sont intéressés par la connexion entre la sémantique des formes de base et celle des nominalisations qui en sont dérivées, en particulier car les nominalisations peuvent être employées pour former des termes référentiels, dénotant, semblerait-il, certains objets qui, à certains égards, sont liés au contenu des expressions de base. Les nominalisations sont également centrales dans les débats ontologiques en philosophie, puisqu’elles semblent former des termes dénotant des objets abstraits (telles les propositions, les propriétés, ou les faits) ou des ‘entités mineures’ (tels les événements, les états, ou les tropes). Cependant, il existe à l’heure actuelle peu d’interaction entre linguistes travaillant sur la syntaxe et la sémantique des nominalisations et philosophes intéressés par les objets auxquels les nominalisations semblent faire référence. Ce projet vise à combler ce vide, en réunissant un certain nombre de linguistes, surtout du côté français, parmi lesquels certains sont déjà impliqués dans des groupes de recherche portant sur les nominalisations, et un groupe de philosophes allemands spécialisés dans l’ontologie. Ce rapprochement vise à explorer de façon systématique les questions qui requièrent la contribution conjointe des deux disciplines. Ces questions recouvrent, d'une part, des questions fondamentales en sémantique et en ontologie (IP1), ainsi qu'en sémantique et méta-ontologie (IP2). Mais l'analyse des nominalisations présente également des enjeux plus larges s'agissant de débats n'appartenant pas en propre à l'ontologie, et qui seront également examinés, y compris des débats sur les attitudes mentales (IP3) et en logique philosophique (IP4).