BOLDUC Ghyslain

Post-doctorant

J’ai soutenu une thèse doctorale en juin 2017, dans laquelle j’ai étudié le renouvellement de l’opposition conceptuelle entre la préformation et l’épigenèse aux origines de l’embryologie expérimentale. Mon analyse a porté sur trois périodes charnières de l’histoire de l’embryologie : (1) la réforme mécaniste et darwinienne de l’embryologie descriptive (Entwicklungsgeschichte) par Ernst Haeckel (1866); (2) l’avènement d’une physiologie réductionniste du développement menée par Wilhelm His (1874); (3) la création d’une « mécanique du développement » (Entwicklungsmechanik) par Wilhelm Roux (1885) et les interprétations néo-darwinienne (A. Weismann), néo-vitaliste (H. Driesch) et organiciste (O. Hertwig) de ses résultats les plus significatifs (1888-1906). Je suis notamment arrivé à la conclusion qu’une logique de la découverte embryologique structurait ces développements épistémiques, où les modèles mécaniques d’explication de l’embryogenèse devaient constamment être renouvelés lorsque leur examen empirique engendrait la découverte de phénomènes épigénétiques inédits.

Mes recherches actuelles ont pour objectif de déterminer si la persistance historique du couple préformation-épigenèse – cette fois-ci au cours du XXe siècle – en fait le mode spécifique par lequel la rationalité scientifique prend le développement comme objet de connaissance. Plus précisément, je prévois : (1) étudier l’importance des schèmes de l’Entwicklungsmechanik dans la fondation de l’épigénétique (chez C. Waddington notamment); (2) étudier le rôle des conceptions préformationnistes et épigénétiques dans l’arrimage théorique de l’évolution, de l’hérédité et du développement; (3) interroger le sens et la valeur épistémologique d’une potentielle réactualisation contemporaine de ces conceptions.

Je suis également chargé de cours à l'Université de Montréal et professeur en philosophie au Collège Édouard-Montpetit (Longueuil, Québec).

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